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Patrimoine
Saint Antoine du Montcalm : lieu de départ de la Course des 3000 m pendant de nombreuses années, est une petite chapelle de montagne qui vaut le détour pour ses fresques ; elle est dédiée à Saint-Antoine Notre
Dame de Vicdessos : l'existence de l'église est attestée dès 1081,
sous l'invocation de Saint-Martin de Sahos ou de Sos (appellation ancienne
de Vicdessos). Il a été classé Monument Historique en 1977. Patrimoine pastoral Les orrys : témoignages visuels de la vie agropastorale, les orris sont de petites structures en pierres sèches dont la vallée du Vicdessos est particulièrement riche. Il existe divers types d'orris qui peuvent être disséminés dans la montagne, ou regroupés en sortes de petits hameaux : l'orri d'habitation, le mazuc ( = cave à fromage), la marga ( = le couloir de traite), le parec ( = l'enclos), ...
Au Carla, juste au-dessus de l’étang artificiel de Soulcem, on peut découvrir ces cabanes pastorales si bien intégrées dans la montagne environnante. Saint-Nicolas de Gestiès : Petite église romane isolée, toute simple et sobre, Saint-Nicolas de Gestiès est un ouvrage typiquement montagnard. Il n’existe pas de mention au Moyen Age de cette église, mais les textes décrivent souvent les églises de la vallée de Siguer, sans que l’on sache lesquelles sont désignées sous cette appellation. Saint-Nicolas fut certainement la première église des habitants de Gestiès, village ancien, dont l’existence avant l’an Mil est plus que probable. Peut-être le déplacement des habitations a-t-il provoqué l’isolement de l’église et la construction d’un nouveau lieu de culte dans le village actuel. Le
petit chemin qui conduit à Saint-Nicolas est court et offre une vue agréable
sur la vallée de Siguer et la montagne toute en raideur et
impressionnante à l’amont, vers le barrage de Gnioure. Dolmen de Sem : Un gros bloc de granitique culmine sur un petit promontoire qui domine la vallée et la route qui conduit à Sem. On pensait qu’il s’agissait d’un dolmen. En fait, il n’a pas été déposé sur cet éperon par l’homme mais par la glace. Au quaternaire, les différents refroidissements provoquèrent l’installation de glaciers majeurs dans la vallée de Vicdessos. Ce sont ces appareils qui modelèrent la vallée en auge telle que vous pouvez la voir aujourd’hui. Issus de la haute montagne du Montcalm et de Bassiès, ils arrachèrent sur les flancs de ces hauteurs des morceaux de gneiss et de granites qui furent transportés sur des kilomètres. On en retrouvent notamment sur les éminences de la vallée : à Sem –où il a pris la forme d’un faux dolmen-, entre Vicdessos et Auzat sur la roche St-Vinçent et au sommet du promontoire qu’occupe les ruines du château de Montréal-de-Sos. Maison des consuls à Vicdessos : Le consulat de Vicdessos fut institué par le comte de Foix, Roger Bernard, en 1293. Ce consulat avait pour but de gérer une partie de l’administration du village qui grâce à l’octroi de franchises devenait une zone attractive. Il s’agit donc d’une administration « pré-communale ». Peu à peu le consulat se développa et augmenta son assise territoriale. Au cours de l’époque moderne, la vallée était développée en 4 consulats (Vicdessos, Auzat, Goulier, Suc) qui exerçaient des droits de police, de collecte d’impôts, de gestion des forêts, routes et chemins et de justice. La maison des consuls à Vicdessos fut construite il y a environ 400 ans et durant deux siècles servit de siège à cette administration de la vallée. Le consulat fut aboli par la Révolution, comme toutes les administrations féodales et ce bâtiments devint un édifice privé avant d’être restauré récemment. Maison des comtes de Foix à Siguer : Très beau bâtiment, classé Monument Historique, la maison des comtes de Foix de Siguer est située en plein centre du village. Le décor boisé sculpté qui orne sa façade en fait un bâtiment exceptionnellement beau. Cette maison date du XVIè siècle. Il s’agissait alors de la maison des consuls de cette vallée. A Siguer, comme à Vicdessos, mais deux siècles plus tard, fut mis en place un consulat, sorte d’administration pré-communale chargée de la gestion d’une partie de la vie de la vallée. Seule
la tradition attribue à ce bâtiment la fonction de rendez-vous de chasse
des comtes de Foix, ce qui est peu vraisemblable puisqu’au XVIè siècle
les comtes de Foix vivaient loin de la haute Ariège et qu’ils
disparurent à la fin de ce siècle. L’église
St-Vinçent d’Onost : Entre Vicdessos et Auzat, au bord de la
route, subsiste une petite église de construction rustique. Elle est
entourée de son cimetière. Il s’agit en fait d’une des premières églises
de la vallée et elle occupe le site d’un ancien habitat qui se nommait
Onost. Ce village a disparu au Moyen Âge central quand la construction
d’un château à Auzat a attiré les habitant vers ce nouveau site. Les premières marques d’occupation humaine dans la vallée sont anciennes : existent des traces de pasteurs nomades dès l’âge du bronze, qui pratiquent une agriculture itinérante. Mais les agglomérations villageoises se sont formées bien plus tard et leurs origines sont très difficiles à établir. Il semble acquis que le village de Vic-de-Sos fut le plus important donc l’un des premiers et la première paroisse. Vicus -signifiant « village » en latin- est couramment employé durant le premier millénaire après J.-C. Mais les petits villages qui sont dispersés sur les flancs des montagnes ont certainement aussi été créés avant l’an mil, au moment où le peuplement se densifie. Tandis que les dernières agglomérations qui se sont formées sont les habitats regroupés au pied des quelques châteaux du Moyen Age central : Auzat, Junac, Olbier ou encore le nouveau village de Vicdessos qui s’est éloigné de l’église Saint-Martin, ancien pôle du peuplement. Beaucoup de ces anciens villages gardent une architecture et une organisation typique et ancienne, justifiant d’agréables promenades. Des sentiers balisés relient ces localités entre elles, permettant de les découvrir au rythme de la randonnée. Hameaux
de la haute vallée : Artiès, Marc, l’Artigue, Mounicou, … Les
hameaux de la haute vallée du Vicdessos ont une architecture typique. Les
maisons toutes de pierres (y compris les couvertures) illustre le manque
crucial de bois jusqu’à une période récente. Les fenêtres sont réduites
au maximum, laissant filtrer une lumière diffuse et limitant la pénétration
du froid à l’intérieur. Enfin, elles sont de dimensions réduites, épousant
la pente en s’adossant aux terrasses, offrant ainsi une remarquable résistance
aux coulées de neige Les forges à la catalane : étaient des établissements industriels destinés à la fabrication directe du fer. C'était le système le plus perfectionné de ce type de métallurgie. Dans la vallée du Vicdessos, on comptait au XVIIIème siècle, 6 moulins de fer ou moulines. La production totale de la vallée était estimée à 15 000 quintaux de fer.
Société d'exploitation des eaux du Montcalm : Gérée par la Société des Eaux de Saint-Amand, sponsor du challenge des 3000 Ariégeois. Captée à 1100 m d'altitude, à proximité du village d'Artiès, l'eau de source de La Prime est mise en bouteille par la SEEM. L'usine embouteille environ 145 000 bouteilles/jour, avec un potentiel maximum d'environ 45 à 50 millions de bouteilles/an. On peut découvrir dans l'usine toutes les étapes de la production, de la fabrication au conditionnement de la bouteille. E.D.F. et ses barrages hydroélectrique : E.D.F. exploite trois grands barrages dans la vallée du Vicdessos : le Pla de Soulcem (66 m de hauteur - réserve de 29 million de m3), le Gnioure (72 m de haut - 28 million de m3), l'Izourt (42 m de haut - 8 million de m3). Mines de fer du Rancié à Sem : Les premières traces d’exploitations du fer datent du IIIè siècle ap. J.C., mais il est possible que comme beaucoup de mines romaines, le début de l’extraction soit beaucoup plus ancienne (époque gauloise). Au XIIIè siècle, le comte de Foix règle avec les habitants de la vallée les usages de l’exploitation. Comme aujourd’hui, le minerai contenu dans le sous-sol appartient au domaine public, donc à son représentant de l’époque, le comte. A la fin de Moyen Âge, le développement des forges à la catalane, augmente la production de fer tandis que la demande croît à la faveur de la guerre de Cent Ans. Cette exploitation ruine les forêts de la vallée qui sont quasiment entièrement détruites pour produire du charbon de bois. Au cour de l’époque moderne, la mine de fer du Rancié ne s’en développe pas moins, devenant la plus importante exploitation de fer des Pyrénées françaises. Son développement soutient la population de toute la vallée et bien au-delà : beaucoup de paysans se font mineurs ou transporteurs saisonnièrement ou toute l’année. Les maîtres de forges deviennent les bourgeois les plus riches de la vallée. A partir du XVIIIè siècle et surtout du XIXè siècle, la découverte de quantité de nouvelles mines, ainsi que l’accélération des communications avec les colonies augmenta la concurrence et la mine de Rancié devint de moins en moins intéressante. La dernière galerie est percée à la fin du XIXè siècle, tandis que la mine est définitivement abandonnée au début du XXè siècle. [CHRONOLOGIE SUCCINCTE DE L'HISTOIRE DE LA VALLÉE DE VICDESSOS] Âge du bronze : Premières traces de pastoralisme et d’agriculture dans la vallée et en montagne. Probables inhumations dans une baume au-dessus du village de Vicdessos. Ier
siècle av. J.C. – début du IIè siècle ap. J.C. : occupation
de la fortification de Montréal-de-Sos qui domine le Vicus
(village)-de-Sos. La vallée appartient au pagus(pays) romain de
Toulouse. IIIè
siècle ap. J.C. : une extraction du fer et des bas-fourneaux
fonctionnent sur le site de Lercoul. Vè-IXè
siècles : un nouvel ouvrage fortifié est aménagé à Montréal-de-Sos.
Il peut être très rudimentaire et il n’est absolument pas certain
qu’il ait été utilisé et habité. VIè-Xè
siècles : Mise en place des églises paroissiales en trois
temps. Sabart existe en premier, puis certainement celles de Vicdessos,
Onost, Miglos et Siguer, enfin les églises des villages de montagnes sont
érigées en paroisses dans les habitats les plus importants. VIIIè
siècle : la vallée est incluse dans la viguerie dont Sabart
(commune de Tarascon-sur-Ariège) est le centre. Ce pays prend le nom de
Sabartès. VIIIè-IXè-Xè
siècle : Mise en place d’une grande partie des villages sur
les sites actuels. La vallée se peuple densément. Fin
Xè siècle : la vallée comme tout le Sabartès passe aux mains
des comtes de Carcassonne qui l’obtiennent de ceux de Toulouse. XIè
siècle : mise en place d’un comté de Foix à partir d’un découpage
de celui de Carcassonne. Le comte de Foix représente dorénavant
l’autorité publique dans la vallée, mais des seigneurs plus ou moins
indépendants se réservent de nombreux droits (seigneurs de Quié, de
Rabat, de Miglos, de Marquefave, …). Fin
XIè siècle-début XIIè : la Réforme Grégorienne détermine
des donations nombreuses des églises majeures de la vallée (Vicdessos,
Miglos, Onost et Siguer) à l’abbaye de St-Sernin de Toulouse qui
implante des prieurés. Début
XIIè siècle : modification de l’emplacement de l’habitat de
Vicdessos qui délaisse la zone de l’église est vient se regrouper au
pied du château nouvellement créé. Modification du site d’Onost qui délaisse
l’église est vient se regrouper au pied du château nouvellement créé
à Auzat. Courant
XIIè siècle : Les hospitaliers de St-Jean-de-Jérusalem
implante une commanderie à Capoulet. Fin
XIIè siècle : les comtes de Foix récupèrent l’autorité sur
tous les seigneurs de cette vallée. Ils mettent en place un ouvrage
fortifié nouveau sur le site de Montréal-de-Sos. Les châteaux de
Vicdessos et d’Auzat tombent en ruines. Fin
XIIè siècle : grâce à des donations seigneuriales, l’abbaye
cistercienne de Boulbonne met en place une exploitation agricole (une
grange) proche du village de Génat. Depuis cette grange, les convers développent
le pastoralisme et les grandes transhumances saisonnières vers la haute
montagne et le versant sud. XIIIè
siècle : comme dans tous les habitats les plus importants du
comté, les comtes de Foix, attribuent des franchises (exemptions de taxes
et de droits) au hommes de Vicdessos. Ainsi, ils créent une zone de
peuplement attractive qui doit pouvoir favoriser le gonflement de ces
agglomérations, donc à terme, augmenter les revenus que percevaient ces
seigneurs sur ces sites. Un consulat élu permet la gestion de cette
communauté qui reste sous l’autorité comtale. XIVè
siècle :mise en place des forges à la catalane.
L’exploitation du minerai de fer de Rancié s’intensifie tandis que
les dernières forêts de la vallée sont consumées. Milieu XIVè siècle : abandon définitif de la fortification de Montréal-de-Sos. Le village glisse vers le bas et prend le nom d’Olbier. Le
comte de Foix autorise l’échange de bois et de minerai de fer avec la
vallée d’Aulus. Fin XIVè siècle : on reconstruit en hâte le château de Vicdessos. La crise économique et épidémique bât son plein, quelques villages disparaissent. Les
villages les plus importants sont Vicdessos, Suc et Norrat (commune de
Miglos). Milieu
XVè siècle : crise de l’exploitation métallurgique. La
concurrence des mines de fer du Quercy ruine l’exploitation du fer du
Rancié, la vallée se dépeuple un peu plus. XVIè
siècle : Destruction définitive du château de Vicdessos. La
vallée de Vicdessos reste catholique. Milieu
XVIIè siècle : la guerre d’Espagne marque un temps d’insécurité
dans la vallée. XVIIè-XVIIIè
siècles : Les moulines de fer sont plus que jamais productives.
Les maîtres de forges sont les personnages les plus importants et les
plus riches de la vallée. Ils construisent des manoirs dans lesquels ils
vivent. Pour les mineurs, le travail est particulièrement pénible et
dangereux. Les
traités de lies et passeries –d’origine au moins médiévale- se développent
et les relations avec le versant sud augmentent : ces traités régissent
notamment les conflits et les échanges pastoraux. Début XIXè siècle : Le conflit napoléonien en Espagne marque un temps d’insécurité dans la vallée, mais comme au XVIIè siècle, la haute vallée de l’Ariège est plus touchée par la guerre que la haute vallée du Vicdessos. Le
peuplement de la vallée de Vicdessos atteint des niveaux très
importants. La moindre parcelle est exploitée et la condition paysanne
est très difficile. Dès le milieu du XIXè siècle, commence puis
s’amplifie un exode rural définitif vers les pôles urbains et
industriels. Début XXè siècle : fermeture définitive de la mine de fer du Rancié. Ouverture d’une usine à Auzat.
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