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Challenge des 3000m ariégeois
[Le Montcalm]

Impressions de coureurs...

[L.FAUCHEUX] 
164° en 2006

Bonjour, course d’envergure que ce marathon et organisation à la hauteur du dénivelé, on atteint des sommets. Vraiment impressionné par cette organisation qui est pour moi la meilleure que j’ai vue jusqu’à présent et dont beaucoup d’organisateur devraient s’inspirer. Il est bien d’insister sur le temps qu’il fait au sommet, comme l’a fait l’organisateur ; je n’en ai pas tenu compte et j’ai eu très froid. J’ai trouvé la descente assez « casse-gueule » mais il faut dire que c’était mon 1er marathon et que j’étais passablement fatigué à ce moment là. Heureusement l’esprit d’entraide entre coureurs m’a bien aidé sur la fin. Merci en tout cas pour cette grande fête de la course et la montagne, et de la vallée d’Auzat.

[G. MORETTO]

Vainqueur en 2000

Cette course représente une des plus belles courses de montagne. C'est une parcours formidable, une descente technique. J'aime beaucoup le retour au village au milieu de tous les gens. On se sent en sécurité, la distance est intéressante. Peu de courses sont aussi technique, l'entre deux sommets, l'altitude, un sentiment de conquête personnel.

[F. FREZOUL]

Vainqueur en 2000,2001,2002,2003,2004,2005

Courir en montagne, monter en 1er et redescendre, c'est le "top".

[B. JEANNOU]

164ème en 1999

Bravo encore à toutes les personnes qui attendent patiemment tout au long du circuit pour nous ravitailler et nous guider.

[X. GRAS]

34ème en 1999

L'organisation est un vrai métier... mais non rétribué alors quand on atteint l'excellence, les remerciements constituent un bon salaire.

[S. WILMOTTE]

238ème en 1999

Quelques marathons internationaux qui se croient les meilleurs devraient venir voir chez vous comment ça se passe !

[Dr BICHON]

Médecin de l'Équipe de France de Rugby

C'est une des plus belle course des Pyrénées voire au delà. Le passage que je préfère est l'arrivée au Montcalm et la montée vers l'Estats.

[G. FONTA]

11 PARTICIPATIONS

Le challenge des 3000 est pour moi un rendez-vous annuel, jusqu'à quand, je n'en sais rien mais depuis que j'ai passé la soixantaine cela devient de plus en plus dur. Depuis 1990, à Auzat le scénario est bien réglé, vers 6 heures on arrive au briefing, je retrouve beaucoup de connaissances coureurs ou bénévoles organisateurs, l'occasion ici de leur tirer un grand coup de chapeau, sans eux il n'y aurait pas de course, pas question de faire cette compétition sans assistance. On écoute attentivement les instructions du président PIQUEMAL (météo ou autres), le stress se lit sur tous les visages, même chez les habitués, petite boule d'angoisse qui ne disparaîtra qu'au signal du départ. Les cars nous emmènent à Marc et à 7 H 30 c'est parti. Au fil des années, le peloton est devenu plus important, 3 km de chauffe jusqu'à passerelle de l'Artigue, certains démarrent vite, très vite même, je me trouve distancé au point de jeter un regard furtif vers l'arrière pour voir s'il reste du monde. Puis la vraie montée commence, très raide au début, la marche accélérée remplace la foulée, je me sens mieux, je remonte ; quand j'étais en grande forme je comptais les dépassements, ça me stimulait. On traverse le bois appelé Fontanal, curieusement les deux premières syllabes portent mon nom, je me sens chez moi par ici, le sentier part un peu en travers coupant légèrement la pente mais très vite ça remonte avec un gros dénivelé. A la barrière de l'estive, j'aperçois le long ruban multicolore, certains sont déjà loin. Depuis 1996 en passant par l'étang sourd, c'est un peu plus long, je suis obligé de réviser mes temps de passage. Au refuge du Pinet, on est à peu près à mi-pente, un peu plus haut l'herbe se fait rare, le tracé devient de plus en plus chaotique à travers ces blocs de pierre couleur rouille, je suis bien, j'aime ces lieux. A l'étang Montcalm 2550 m, tout petite instant de répit puis ça continue toujours aussi pentu, un ralentissement général se produit car l'altitude fait son effet. Voici le premier névé toujours là, plus ou moins grand selon les années, puis le col appelé " Côte 2900 " avec un peu au dessus l'autre le " Riouffret, mais il faut lever la tête, ici on croise ceux qui sont déjà passées au Montcalm, c'est un aller retour avant de se diriger vers la Pique. Et voici le début de la longue descente, autrefois c'était l'euphorie, je dévalais à fond ces éboulis avec en prime un peu de glisse sur les névés, à présent je deviens plus prudent, je préfère me laisser doubler. Au col 2900 on retrouve le sentier de l'aller, les nombreux passages pièges me sont familiers, ça évite les chutes. Au Pinet, je mesure tout ce qu'il reste encore à descendre, ce sera long mais les sensations sont encore bonnes. Revoir le bois et au fond la passerelle de l'Artigue puis la route goudronnée. Alors là, c'est pour moi et d'autres le début de la galère, 10 km pour arriver à Auzat, franchement je n'aime pas, c'est le seul point négatif de cette course.. On revient à Marc sur ce goudron que je déteste (heureusement on retrouve le sentier) Ensem, Ranet, pont de Gers, ici deux ou trois raidillons qui font mal aux jambes mais ça passe. On franchit le ruisseau de Bassiès dont j'ai un mauvais souvenir de 1992, je m'étais fait une entorse. Le parcours joue ensuite à cache cache entre route et sentier pour enfin déboucher près de l'usine Péchiney, dans la rue d'Espagne la fatigue s'évanouit pour laisser la place à l'enthousiasme de l'arrivée et un dernier regard vers ce sommet mythique. Onze fois j'ai connu cette sensation forte, moment privilégié que seul la pratique sportive procure. Le reste c'est la fête, la " troisième mi-temps qui me rappelle mon passé de rugbymen. On se retrouve entre amis de la vallée et d'ailleurs autour d'une bonne table sur cette place d'Auzat, capitale locale des courses en montagne.

 

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[LE CHALLENGE DES 3000 ARIÉGEOIS - 19 AOÛT 2000]

Un hommage à la montagne par VINCENT RIVOIRE (ABS Aventure)

Un instant de recueillement dans la petite chapelle de Marc, lieu de sérénité avant l'épreuve qui nous attend. Les copains d'ABS Aventure me parlaient toujours de cette course avec émotion, comme d'un pèlerinage attendu chaque année. Alors un jour moi aussi, j'avais voulu savoir... Nous voilà partis. Quelques kilomètres de route, où il faut savoir se mettre progressivement en jambes sans passer dans le rouge, puis nous attaquons la traversée en sous-bois. Le murmure du ruisseau de l'Artigue se mêle au bruissement des hêtres magnifiques. Ce départ au petit matin éveille tous mes sens de coureur de trail, intime communion du corps avec l'environnement, plaisir toujours renouvelé de l'effort en pleine nature. Je remonte petit à petit le peloton, certains déjà s'essoufflent dans les fortes pentes avant les Orrys de Pla Nouzère. La forêt laisse la place aux estives, les hauts sommets nous apparaissent sous un radieux soleil, mêlant plaisir des yeux et appréhension du corps qui sait déjà l'effort nécessaire avant d'atteindre ces sommets. J'attaque maintenant la longue montée à l'étang du Pinet. Je me sens en forme mais sais pertinemment qu'il faudra vraiment doser son effort tout au long de la course. L'expérience du trail me fait instinctivement adapter le pas à la pente, savoir marcher quand c'est trop raide puis vite relancer sur les faux-plats. De nombreux randonneurs bénévoles nous encouragent et assurent la sécurité du parcours. Sac au dos et grosses chaussures ou bien ceinture porte-bidon et paire de runnings, nous partageons aujourd'hui tous la même passion de cette splendide montagne. Ce "caillou", comme se plaît à le nommer le maire d'Auzat qui chaque année nous accueille si chaleureusement pour cette épreuve, ce "sommet débonnaire" que loue si bien Michel Sébastien dans son guide "Les Pyrénées Ariégeoises", est là devant nous, imposant et encore si lointain. Je me ravitaille rapidement au Pinet, puis les choses sérieuses commencent. J'aime cette portion plus technique où il faut parfois mettre les mains, toujours anticiper ses appuis, tout en optimisant l'effort déployé entre l'équilibre et la vitesse de progression. Le petit névé nous attend comme toujours avant d'arriver au col et le pied doit se faire léger pour ne pas glisser sur la neige. Un cri, devant, et je vois arriver sur moi comme des bolides la tête de course qui déjà redescend. Une allure incroyable dans ces rochers, ils se jettent dans la pente comme des isards. La montée au pic depuis le col est harassante, les cuisses déjà dures et le souffle haletant. Je grimpe avec un petit groupe, en file indienne nous avons un peu le sentiment de mettre en commun notre énergie pour trouver ensemble le meilleur rythme. Le coureur en montagne est un solitaire dans l'âme, mais qui sait instinctivement que la force du groupe permet parfois de mieux franchir l'obstacle. Enfin, le sommet du Montcalm après 2h12min de course. Je fais religieusement le tour du cairn sommital, puis je m'accorde 15 secondes de pause pour admirer le paysage magnifique tout autour de moi. C'est un moment magique, pouvoir un bref instant oublier la compétition et sa souffrance pour se laisser envahir par le calme et la beauté de cette montagne. Amis coureurs, c'est là que vous forgerez votre meilleur souvenir, celui qui longtemps réchauffera votre âme, alors pensez aussi à accorder ces quelques secondes de respect à la montagne ariégeoise. Il faut maintenant redescendre au col par les lacets caillouteux en croisant un long flux de coureurs qui souvent nous encouragent. Si le souffle reprend de la vigueur, les cuisses elles souffrent autant qu'à la montée car il faut constamment parer la glissade ou l'emballement dans cette portion instable. Au col, on repart vers le deuxième sommet sous les encouragements du petit poste de bénévoles qui campent là depuis l'aube. La Pique d'Estat est toujours aussi austère, gros tas de cailloux roulants qu'il faut gravir les mains poussant sur les cuisses, le souffle court. Après 2h28min , je me lance maintenant dans la longue descente. Il faut rester vigilant, très concentré dans les passages rocheux délicats. C'est dans ces moments qu'on comprend que la descente est aussi une technique à travailler pour progresser, tout autant que l'endurance. Le refuge de Pinet, encore une fois, et la roche cède place aux pelouses de rhododendron. Il fait un temps splendide, c'est un régal de courir sous ce soleil dans un air encore bien frais. Je résiste à l'envie d'accélérer l'allure dans cette longue descente vers la forêt, l'expérience douloureuse de ma première participation l'année précédente m'ayant appris qu'il fallait en garder sous la pédale pour la fin de course ... Je descends régulièrement le sentier dans le sous-bois, m'y fait doubler en trombe par un excellent descendeur qui coupe sans hésiter les lacets en pleine pente, arrive dans la zone plate le long du ruisseau. C'est là que je rattrape Alain et Manu, deux copains d'ABS Aventure partis plus rapidement que moi. Ils ont su prendre des risques pour tenter un bon chrono car ils connaissent très bien le parcours, mais maintenant la fin de course est difficile pour eux. De mon côté, je me sens bien et me félicite d'avoir géré prudemment la première partie. Je commence à accélérer sur ces portions plus faciles de routes et de pistes bien tracées qui nous amèneront jusqu'à Auzat. Je sais que la course se joue pour beaucoup dans ces 7 derniers kilomètres, qui semblent interminables quand on croit en avoir fini avec la montagne, quand les jambes ne peuvent plus se contenter de se laisser descendre dans la pente mais doivent relancer ce corps harassé sur le plat, quand les muscles tétanisés par cette longue descente ne trouvent plus de glycogène. Je double plusieurs concurrents sur cette longue portion, les encourage à "prendre ma roue" tout en sachant - ayant moi-même vécu l'an dernier cette douloureuse expérience- qu'il leur sera terriblement difficile d'aller puiser la ressource morale nécessaire pour relancer la machine. Les spectateurs, ici et là, ne mesurent sans doute pas combien leurs encouragements nous sont précieux dans ces moments. Les applaudissements de la petite fille, le sourire du vieux paysan, sont autant de bouffées de chaleur dans notre cœur. Je traverse le ruisseau par la passerelle, poursuis rive gauche par un magnifique sentier, havre de fraîcheur entre les haies. Il faut encore prendre garde aux pierres glissantes, une entorse ici serait vraiment trop bête. Quelques bosses encore, tenir le rythme à tout prix, voici le centre équestre, puis le sentier laisse place à la route à l'entrée d'Auzat. C'est bientôt la fin, le corps aspire désespérément à la trêve alors que déjà l'esprit se repasse le film de la course, la revit intérieurement comme pour mieux en graver le souvenir, pour savourer ce qu'il n'a fait que ressentir durant ces 4 heures d'effort, trop accaparé par le fonctionnement de la mécanique. La traversée du village se fait dans une intense exaltation, un second souffle qui fait oublier d'un coup toute la fatigue accumulée. Les derniers mètres, la place du village où Moustache -c'est ainsi que nous avons surnommé ce merveilleux animateur qui enchante chaque année la course par sa chaleur communicative et spontanée- annonce mon arrivée au haut-parleur. Je coupe le chrono après 4h23min44s, heureux d'avoir si bien vécu cette course superbe mais si exigeante. Le vainqueur est lui déjà arrivé depuis plus d'une heure ! Tout est prévu pour le réconfort du coureur et pour poursuivre l'effort par la fête : douches, massages, salle de repos, repas pris en commun, animations... C'est ainsi que chaque année nous revenons avec autant de plaisir à Auzat où toute l'équipe organisatrice et le village savent si bien vous recevoir et vous rappeler où sont les vraies valeurs de notre monde. Un pèlerinage, oui certes, maintenant j'ai compris ces lueurs d'émotion dans les yeux de mes camarades ...


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