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Challenge des 3000m ariégeois
[Le Montcalm]

Impressions de coureurs...

Dominique Lermission 29° en 2009

46,5 Kms avec 3000mD+
20 ème édition du célèbre "marathon du montcalm" avec l’Ascension du Montcalm 3077M, Pica ESTATS 3143M et pour fêter l’évenement, l’organisation a rajouté un 3000 de plus : PIC SULHO 3072M !
15 jours que je ne pense qu’à ça, 15 jours que je me prépare avec des D+ à fond, 15 jours que je cogite la tactique.......
samedi 22 août 4 h 30 du mat enfin c’est le grand jour ! ptit dej, préparation et échauffement.
6 h brieffing de l’organisation avec une bonne nouvelle, le beau temps est au sommet et juste une barrière nuageuse entre 1600 et 1900 m peut éventuellement gêner.
environ 200 inscrits et la température est de 17 °
des ravitos très nombreux permettent de partir les mains dans les poches mais je choisis de prendre le porte-bidon afin de contrôler ma conso.
6 h 30 départ dans la nuit de AUZAT à 737m
je me place dans les 30 premiers pour éviter les bouchons dès les premières monotraces.
une partie de route et ensuite un bon raidillon pour se chauffer ! Le cardio s’affole déjà dans les lacets et la portion plate de l’aqueduc permet de reprendre son souffle. Au bout d’une bonne heure et 11 kms, ça y est on attaque la montée dans la forêt et dans un silence total, une file indienne grimpe à un bon rythme. Avec l’altitude, c’est de la bruyère puis de l’herbe et enfin du cailloux. On passe le refuge de pinet 2250m et les cuisses commencent à brûler l’ascension se poursuit par du pierrier très instable et de l’escalade de gros blocs ! dur dur !les plaques de neige (névé) font leur apparition ! je suis assez bien et arrive au sommet du Montcalm 3077m en 3h20.
l’air est bien frais mais en courant c’est nickel ! par contre les bénévoles sont habillés comme en plein hiver et ils se caillent !! petite descente et on se dirige toujours dans du pierrier et de l’escalade vers le Pic d’Estats 3143m où j’arrive en 3h37. Une visite médicale me donne la permission de continuer et la descente très technique me conduit vers le 3ème sommet.
en attaquant la montée, je croise CHRISTOPHE BASSONS qui redescent ! petit mot d’encouragement et c’est parti ! cette "grimpette" restera dans mes mémoires très longtemps !
des éboulis, de l’escalade, du pierrier... des trucs inracontables !!! c’est plus du trail, c’est de l’alpinisme !!! Un groupe d’allumé avec cloches et grands cris nous accueillent au sommet et on en profite pour plaisanter ! Je le passe en 4h13 et le pointage m’annonce que je suis 28 ème.
la descente se fait avec des cordes tellement c’est raide !! inoubliable !!
allez c’est fini pour le D+ mis à part le retour vers le croisement central.
Un gars me reconnaît. on a couru ensemble à VILLEFRANCHE. super cool, malheureusement c’est pas l’endroit pour discuter !! La longue descente très technique est un pur bonheur ! de la monotrace pendant 10 bornes, yes,yes et encore yes !! Refaire le parcours de ce matin en sens inverse donne des ailes et je double 5 coureurs ! à 5 kms de l’arrivée sur du faux plat descendant, mes jambes -enfin les 2 bouts de bois !- ne répondent plus ! début de crampes et muscles tétanisés ! Je serre les dents pour finir. je ne cours plus, je trottine sur place et je me fait doubler sans pouvoir réagir ! Le moral est bon mais les ’cannes’ me disent stop ! 5 kms terrible ! interminable malgré les encouragements du public ! Enfin, je finis en 6h 46 avec des douleurs dans les cuisses horribles ! Une bonne douche et un super repas me confirme mon opinion : tout est au top ici !!!!!! Les classements viennent d’être affichés et finalement je conserve ma position : 29 ème au général. 15h30 je lève le camp alors que des coureurs sont encore en course ou en finissent à peine ! dur, très dur ! Je compte bien revenir ici pour : son organisation tip-top, ses panoramas à couper le souffle tellement c’est beau, cette course si dure, cette ambiance de montagnards !
cette course est classée comme l’une des plus belles des Pyrénées et je confirme c’est MA-GNI-FI-QUE !

[S. JIMENEZ] Détentrice records trail villages et montcalm
Ce challenge est toute une histoire de coeur et de famille car toute ma famille y participe. Ma première participation comme fan de mon père et d'autre coureur. Ma première course de montagne avec le trail des villages, mon premier club de course de montagne, mon premier marathon de montagne en 2000 et enfin ma révélation comme athlète grâce à ma victoire du challenge des 3000 en 2001. Aujourd'hui mon planing me permet de ne pas être là comme admiratrice mais après tant d'année d'absence comme participante. Je remercie l'organisation pour faire vivre chaque année tant d'émotions

[G. MOUNIE] 88° en 2009

Vendredi 21 août 2009, je quitte la maison à 13h30 pour me rendre à Auzat, lieu de départ d'une grande épreuve de course de montagne... les 3 x 3000 ariégeois... Le circuit du marathon avec un 3ème sommet à 3072m (pic du Sulho) à franchir. Une nouvelle course en parallèle au marathon du Montcalm pour fêter les 20 ans. Depuis longtemps je comptais y participer, mais à chaque fois des évènements de dernière minute s'étaient interposés. Alors cette année je ne voulais pas rater l'évènement. A 16h45 j'arrive au camping, après un joli circuit touristique. Auzat est un charmant village ariégeois, au fond d'une vallée magnifique. Le camping est situé tout au bord de la rivière. Il y a déjà beaucoup de monde et sur la place du village l'ambiance est déjà très chaude. Musique, exposition d'artisanat local, concours de danse...Il est temps d'aller chercher le dossard. Pour cette fois ce sera le 130. Je vais faire un petit tour du village, avant de terminer mon installation. Le temps est légèrement gris, mais les dernières nouvelles de la météo sont excellentes. Il est prévu du grand beau temps pour le lendemain. A 19h, nous sommes tous conviés au briefing d'avant course. Présentation de la course, recommandations de sécurité, description du parcours. Ce que je vais retenir, c'est que le 3ème sommet ne sera pas du gâteau et qu'il faudra en garder beaucoup sous la semelle. Pour ce qui est de l'organisation, cela semble très au point. On sent déjà que l'on a affaire à une équipe sérieuse et expérimentée.19h45... Il va falloir penser à se restaurer, et pour respecter la tradition, ce sera la pasta party habituelle. je noue rapidement contact avec des coureurs. Il y a beaucoup d'anciens, mais le mystère du 3ème sommet est dans tous les esprits. Je vais rapidement écourter la soirée, car je sens que la journée du lendemain va être très dure...Le départ étant à 6h30, je mets le réveil à 3h30... Aïe! Aïe! Aïe. Malgré la pression, je vais m'endormir assez facilement. Déjà 3h30!!! Avant toute chose, je vais voir ou en est le temps. Malgré l'heure ???!! tardive !!!?? la température est particulièrement douce, et il subsiste toujours une petite couverture nuageuse. Je vais prendre un petit... Grand déjeuner bien copieux... Barres amandes-céréales, crème au soja, biscuits soja-figue, jus de fruits, 2 bananes, chocolat... et je retourne me coucher. Finalement je n'arriverais pas à m'endormir. Vers 5h je décide de commencer à me préparer. 6h: Dernier briefing au gymnase et dernier café pour partir bien réveillé. Beaucoup de coureurs s'inscrivent encore. On ne devrait pas être loin des 200 concurrents au départ. C'est bien, il n'y aura pas trop de monde... comme j'aime. On nous confirme que les sommets sont trés dégagés et que la journée sera belle et chaude. La pression monte et il est déjà temps de rejoindre la ligne de départ. Il fait encore nuit, mais cela ne posera pas de problème pour les 3 premiers Kms sur route. 6h30... 5... 4... 3... 2... 1... Top!!!! Départ pour le "Caillou"... C'est comme ça qu'on l'appelle dans la région. Ma première pensée est de bien gérer le départ et la montée. Départ tranquille à 8Km/h même sur cette portion très plate. Je dois me situer en milieu de peloton. Rentrée dans la forêt sur un sentier assez confortable, mais la luminosité est encore faiblarde. Il faut bien ouvrir les yeux car le terrain devient accidenté. Puis arrive le premier raidillon, qu'il faut mieux aborder en marchant. Sans forcer, je vais doubler beaucoup de monde... tout ceux qui sont partis vite et on atteint la zone rouge un peu trop tôt à mon avis. Ce n'est pas évident de résister à l'appel de la vitesse quand le terrain s'y prête. Nous arrivons enfin sur l'acqueduc. Une portion de 3,5 Kms parfaitement plane, à flanc de falaise ou les pas résonnent à travers les dalles de béton. J'en profite pour récupérer et commencer à m'alimenter... une bonne quinzaine de coureurs vont me doubler. Le circuit se poursuit à travers montées, descentes, route, sentier. Cette partie du parcours est particulièrement agréable. Le jour est bien installé, mais le soleil n'a pas encore fait son apparition. Arrivée au parking de Lartigue, c'est là que les choses sérieuses commencent. Le sentier pas trop pentu au début prend rapidement des allures de rampe. Nous sommes encore dans la forêt, puis peu à peu la végétation s'éclaircit. Nous arrivons dans les prés d'alpage au milieu des bruyères et des rhododendrons malheureusement plus en fleurs. Maintenant ça grimpe trés dur. Il n'est plus possible de courir. Tout le monde se suit à une petite allure randonneur, mais les jambes commencent déjà à chauffer. Il y a un nombre impressionnants de ravitaillements... forts sympathiques d'ailleurs. De temps en temps je me hasarde à jeter un bref coup d'oeil vers le haut, et tout ça me paraît encore bien éloigné. Arrivée au refuge du Pinet (2240m). C'est une architecture moderne, mélangeant bois-metal et verre, et qui trône là sur son éperon rocheux. Beaucoup de monde, gros ravitaillement et ambiance Rock'n roll. A vue d'oeil, on a effectué la moitié de la montée... faut mieux pas y penser. Je repars en marchant et le terrain devient de plus en plus difficile. L'herbe fait place aux rochers. La haute montagne se présente à nous. Le ciel est bien dégagé et le soleil qui éclaire les sommets nous offre un paysage magnifique. Passage à l'étang du Montcalm... Cette vue me met un peu de fraîcheur dans la tête. J'ai la mauvaise idée de demander à une personne de l'organisation ou se trouve le Montcalm. "Il est juste là-haut" me dit-il. Il me parait encore bien loin, trés loin, beaucoup trop loin... juste 520m plus haut... Je ne l'aurai pas imaginé aussi loin, après tout ce que je viens de monter. A partir de maintenant, fini les jolis sentiers de randonnée bien tracés il faut trouver le chemin à travers les gros blocs de rochers, les pierriers. Il faut souvent s'aider des mains.  Puis le sentier chemine à flan de falaise. Je ne peux m'empêcher de penser à ce que sera la descente dans ce chaos. On se croirait dans un canyon du grand ouest américain. Au passage d'un premier névé, je croise déjà "l'extraterrestre" Michel RABAT"... le vainqueur du jour qui fonce vers l'arrivée... Il doit avoir des gènes d'isard. Il n'y a pas de problême pour suivre le bon chemin, les organisateurs ont vraiment bien balisé le parcours. Enfin le col 2900. La vue sur le versant sud est grandiose, et surtout de là on a une vue générale des 3 sommets qui nous attendent. La vue de la montée au pic du Sulho me fait froid dans le dos. Je commence à être bien fatigué. Il faut monter les 177m qui donnent accès au toit de l'Ariège... Le caillou. Heureusement le sentier est un peu plus sympathique et l'arrivée est un vrai bonheur. Je suis enfin sur le célèbre caillou. Quelle vue!!!! Je m'arrête quelques secondes pour admirer et je ne vois rien d'autre que des cailloux. Après avoir contourné un magnifique abri en pierres sèches, il faut pour la première fois... DESCENDRE!!!!! Les jambes sont de plus en plus raides. Je descends très lentement en essayant de récupérer, car dans à peine 10 minutes, il faudra attaquer la montée au pic d'Estats. Elle est plus courte que celle du Montcalm, mais beaucoup plus raide. Tant bien que mal je finirai par arriver au sommet, et je me dis qu'il n'en reste plus qu'un. Je sers les dents, et me voilà reparti dans la descente avec traversée d'un 2ème névé bien raide que je préfère contourner. Celui qui me suis, choisira la glissade sur les talons, avec arrivée en vrac sur les cailloux. Arrivé pour la 3ème fois au col 2900, j'apprends qu'avant de monter au Sulho, il faut d'abord descendre tout là bas au fond. On aperçoit les concurrents qui montent, et vu d'ici... c'est impressionnant. Moi qui croyais qu'il n'y aurait que 172m à grimper... ce sera un peu plus de 300m. La pente ne doit pas être loin des 100%, c'est un vrai mur. L'itinéraire est aussi cassant que la montée. Je commence à en baver sérieusement, alors je me fixe un seul objectif... FINIR. Plus je me rapproche du pied de la montée, et plus elle me paraît impressionnante. L'organisateur nous avait bien prévenu, le pic Sulho n'est pas très fréquenté. La montée s'effectue entièrement hors sentier au beau milieu des éboulis, des blocs de rochers. Il devient bientôt indispensable de s'aider des mains, et surtout attention aux chutes de pierres provoquées par ceux qui sont au dessus. Franchement je ne m'attendais pas à une grimpette pareille. En repassant au col 2900, je n'ai pas pensé à faire le plein d'eau, puisque l'organisation à bien fait les choses. Pas de chance il n'y a pas de ravitaillement avant le sommet. Je vais me retrouver rapidement à sec. Cette montée commence à virer au cauchemar, mais heureusement dans les situations difficiles il y a toujours caché quelque part un petit réconfort. Il est perché là sur son rocher avec sa cloche et il encourage avec force chaque concurrent. On doit l'entendre dans tout le massif, et ça remet un peu de baume au coeur. Enfin l'arrivée au sommet après 5h10 d'effort. C'est la première fois que je regarde la montre (Le premier est arrivé depuis 10 minutes... Impressionnant!!!!). Je suis 95ème. La vue est absolument magnifique. Le ravitaillement est un peu juste en eau, alors impossible de remplir le bidon. Un verre d'eau et en avant pour attaquer cette descente apocalyptique. C'est une vraie descente technique, raide, très raide, glissante à souhait et même un peu dangereuse comme je n'en ai jamais fait. Me connaissant, je vais assurer au maximum pour éviter la chute ou la blessure. La vitesse doit à être à tombée à 2Km/h, mais elle me permet de jeter de temps en temps des coups d'oeil admiratifs sur le paysage. Evidement je vois passer des quantités de kamikazes qui n'hesitent pas à se lancer tout droit dans la pente, sans se soucier des cailloux qu'ils envoient sur la tête de ceux d'en dessous. Souvent il faut s'aider des mains et même utiliser les cordes mises en place par l'organisation. Je vous le dis, ce n'est plus de la course, c'est de l'escalade. J'aurai bien perdu une dizaine de places. Après cette descente difficile, revoilà enfin de la montée... Bof!!! Finalement ça passera très bien car j'ai bien récupéré dans la descente. J'en profite pour gagner 2 places, mais je commence à souffrir de la soif. 4ème arrivée au col 2900... enfin pas tout à fait, c'est toujours ça de gagné. C'est maintenant que commence la grande descente vers l'arrivée. Retour dans les pierriers, les rochers, les dalles glissantes et tout ce que la nature a pu inventer pour nous rendre la tache plus difficile. C'est la nature et c'est aussi pour ça que c'est beau... Mais dur!!!??? Je continue à assurer et à perdre des places... une bonne douzaine avant l'arrivée au refuge du Pinet. D'un autre coté, j'en profite pour m'alimenter copieusement. A partir du col j'ai décidé de m'arrêter à tous les ravitaillements. Quelques mots, un peu d'humour, un sourire... ça fait oublier la souffrance et les gens qui sont là ont bien droit à un peu de reconnaissance. Ils font un travail formidable... BRAVO!!! A partir du refuge nous ferons une bonne partie de la descente à deux. Je maintiens un petit train régulier sur un terrain déjà plus sympathique, mais encore bien raide. Nous commençons à gagner des places... Ceux qui on commencé la descente façon kamikaze, ont les jambes raides. Me sentant bien ragaillardi, je décide de laisser mon compagnon de début de descente pour profiter de ce regain de forme. Je ne sais pas si ça va durer, et peut-être que je le reverrais me dépasser plus tard. Je fais la descente sans forcer en essayant d'avoir une foulée "économique" et en continuant à boire beaucoup. J'appréhende toujours un peu les 10 derniers Kms à plat ou faux plat. A l'arrivée sur la route (7h25 de course) j'ai bien regagné 15 places. Il reste 10 kms, pour le moment tout va bien, et je rattrape un à un plusieurs concurrents. Hormis les parties de route, le sentier est très agréable... Parfois le long de la rivière, au milieu de belles prairies, dans la forêt, mais il y a aussi quelques grimpettes "casse-pattes" pour nous rappeler que c'est une course de montagne... jusqu'au bout. J'arriverais à mon grand étonnement à tout passer en courant, et à dépasser quelques "marcheurs bien cuits". Sur un circuit pareil, une bonne gestion de course est primordiale. Enfin le dernier Km avant l'arrivée, sur le goudron et au soleil, mais cela n'a plus d'importance. On entend l'ambiance de l'arrivée, alors je décide de tout donner, pour être sur d'être aller au bout de moi-même. L'arrivée c'est toujours un grand moment. Il y a beaucoup de monde et une ambiance à tout casser. 8h19'03" et 88ème. Je suis bien content d'avoir fini, j'ai trouvé cette course très dure, mais le circuit est absolument " à voir". On m'avais dit que c'était comme le Canigou en un peu plus long et avec un peu plus de dénivelé. Je peux le dire maintenant... C'est beaucoup, beaucoup plus dur, surtout avec la montée au Sulho. Ce n'est pas un trail, c'est une vraie course de montagne, bien raide, bien cassante, mais vraiment magnifique, sauvage, grandiose. Etrangement, je me sens moins fatigué qu'à l'arrivée au Sulho. Je pense avoir particulièrement bien géré ma course. Maintenant, il va falloir récupérer. Je vais boire au moins 1,5L de boissons diverses. Retour au camping pour une bonne séance d'étirements, douche...Un grand BRAVO à l'équipe organisatrice. Vraiment tout a été au top. Les gens qui étaient aux postes de ravitaillements se sont montrés extrêmement amicaux, serviables.On se retrouvera tous à table, ou chacun racontera son aventure, ses mésaventures, mais ce qui ressort, c'est la qualité du circuit, de l'organisation et la difficulté du parcours. Il y a un petit quelque chose qui me dit que je reviendrai l'année prochaine. Si vous aimez la montagne... la vraie, n'hésitez pas à bien vous entraîner et venez faire un petit tour dans le coin, ça vaut vraiment le déplacement.

[G. MORETTO]

Vainqueur en 2000 et 2002

Cette course représente une des plus belles courses de montagne. C'est une parcours formidable, une descente technique. J'aime beaucoup le retour au village au milieu de tous les gens. On se sent en sécurité, la distance est intéressante. Peu de courses sont aussi technique, l'entre deux sommets, l'altitude, un sentiment de conquête personnel.

[F. FREZOUL]

Vainqueur en 2000,2001,2002,2003,2004,2005

Courir en montagne, monter en 1er et redescendre, c'est le "top".

 

[L.FAUCHEUX] 
164° en 2006

Bonjour, course d’envergure que ce marathon et organisation à la hauteur du dénivelé, on atteint des sommets. Vraiment impressionné par cette organisation qui est pour moi la meilleure que j’ai vue jusqu’à présent et dont beaucoup d’organisateur devraient s’inspirer. Il est bien d’insister sur le temps qu’il fait au sommet, comme l’a fait l’organisateur ; je n’en ai pas tenu compte et j’ai eu très froid. J’ai trouvé la descente assez « casse-gueule » mais il faut dire que c’était mon 1er marathon et que j’étais passablement fatigué à ce moment là. Heureusement l’esprit d’entraide entre coureurs m’a bien aidé sur la fin. Merci en tout cas pour cette grande fête de la course et la montagne, et de la vallée d’Auzat.

[B. JEANNOU]

164ème en 1999

Bravo encore à toutes les personnes qui attendent patiemment tout au long du circuit pour nous ravitailler et nous guider.

[X. GRAS]

34ème en 1999

L'organisation est un vrai métier... mais non rétribué alors quand on atteint l'excellence, les remerciements constituent un bon salaire.

[S. WILMOTTE]

238ème en 1999

Quelques marathons internationaux qui se croient les meilleurs devraient venir voir chez vous comment ça se passe !

[Dr BICHON]

Médecin de l'Équipe de France de Rugby

C'est une des plus belle course des Pyrénées voire au delà. Le passage que je préfère est l'arrivée au Montcalm et la montée vers l'Estats.

[G. FONTA]

11 PARTICIPATIONS

Le challenge des 3000 est pour moi un rendez-vous annuel, jusqu'à quand, je n'en sais rien mais depuis que j'ai passé la soixantaine cela devient de plus en plus dur. Depuis 1990, à Auzat le scénario est bien réglé, vers 6 heures on arrive au briefing, je retrouve beaucoup de connaissances coureurs ou bénévoles organisateurs, l'occasion ici de leur tirer un grand coup de chapeau, sans eux il n'y aurait pas de course, pas question de faire cette compétition sans assistance. On écoute attentivement les instructions du président PIQUEMAL (météo ou autres), le stress se lit sur tous les visages, même chez les habitués, petite boule d'angoisse qui ne disparaîtra qu'au signal du départ. Les cars nous emmènent à Marc et à 7 H 30 c'est parti. Au fil des années, le peloton est devenu plus important, 3 km de chauffe jusqu'à passerelle de l'Artigue, certains démarrent vite, très vite même, je me trouve distancé au point de jeter un regard furtif vers l'arrière pour voir s'il reste du monde. Puis la vraie montée commence, très raide au début, la marche accélérée remplace la foulée, je me sens mieux, je remonte ; quand j'étais en grande forme je comptais les dépassements, ça me stimulait. On traverse le bois appelé Fontanal, curieusement les deux premières syllabes portent mon nom, je me sens chez moi par ici, le sentier part un peu en travers coupant légèrement la pente mais très vite ça remonte avec un gros dénivelé. A la barrière de l'estive, j'aperçois le long ruban multicolore, certains sont déjà loin. Depuis 1996 en passant par l'étang sourd, c'est un peu plus long, je suis obligé de réviser mes temps de passage. Au refuge du Pinet, on est à peu près à mi-pente, un peu plus haut l'herbe se fait rare, le tracé devient de plus en plus chaotique à travers ces blocs de pierre couleur rouille, je suis bien, j'aime ces lieux. A l'étang Montcalm 2550 m, tout petite instant de répit puis ça continue toujours aussi pentu, un ralentissement général se produit car l'altitude fait son effet. Voici le premier névé toujours là, plus ou moins grand selon les années, puis le col appelé " Côte 2900 " avec un peu au dessus l'autre le " Riouffret, mais il faut lever la tête, ici on croise ceux qui sont déjà passées au Montcalm, c'est un aller retour avant de se diriger vers la Pique. Et voici le début de la longue descente, autrefois c'était l'euphorie, je dévalais à fond ces éboulis avec en prime un peu de glisse sur les névés, à présent je deviens plus prudent, je préfère me laisser doubler. Au col 2900 on retrouve le sentier de l'aller, les nombreux passages pièges me sont familiers, ça évite les chutes. Au Pinet, je mesure tout ce qu'il reste encore à descendre, ce sera long mais les sensations sont encore bonnes. Revoir le bois et au fond la passerelle de l'Artigue puis la route goudronnée. Alors là, c'est pour moi et d'autres le début de la galère, 10 km pour arriver à Auzat, franchement je n'aime pas, c'est le seul point négatif de cette course.. On revient à Marc sur ce goudron que je déteste (heureusement on retrouve le sentier) Ensem, Ranet, pont de Gers, ici deux ou trois raidillons qui font mal aux jambes mais ça passe. On franchit le ruisseau de Bassiès dont j'ai un mauvais souvenir de 1992, je m'étais fait une entorse. Le parcours joue ensuite à cache cache entre route et sentier pour enfin déboucher près de l'usine Péchiney, dans la rue d'Espagne la fatigue s'évanouit pour laisser la place à l'enthousiasme de l'arrivée et un dernier regard vers ce sommet mythique. Onze fois j'ai connu cette sensation forte, moment privilégié que seul la pratique sportive procure. Le reste c'est la fête, la " troisième mi-temps qui me rappelle mon passé de rugbymen. On se retrouve entre amis de la vallée et d'ailleurs autour d'une bonne table sur cette place d'Auzat, capitale locale des courses en montagne.

 

[Boris FAITG] Participant au trail des villages

Et dire qu’on avait trop rien prévu ! Voilà que le vendredi soir à Ste Marie, après les 10kms de la Marinade, pendant que nous pique-niquons les pieds dans l’eau, Manu et Gilles nous annoncent tour à tour leur programme du week-end suivant avec invitations à la clé. Sacré dilemme. Choisir entre The Triathlon familial de Manu le dimanche sur les bords du lac de Villeneuve ou le week-end en Ariège dans le repère de Gilles qui nous ouvre ses portes. La perspective de s’évader pour 2 jours l’aura emportée. Fred et Robert ont également prit le parti de venir. Le convoi arrive à destination ce vendredi soir après 3 heures de route. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas traversé Quillan et Lavelanet. Encore moins Tarascon sur Ariège. Et jamais Vicdessos. Gilles nous ouvre les bras, lui qui nous attend depuis le début de la semaine. On est tous content de se retrouver là. Les formes des montagnes qui nous enserrent, paraissent si proches et si hautes que l’on se sent bien petit. 1er apéro. Le repas de lasagnes maison est préparé dans le souci de nous apporter les sucres lents pour notre course du lendemain.Le réveil programmé à 6h30 coïncide avec le départ des courses du Montcalm qui sont les épreuves phares du week-end. La course des 3000, 46kms et 3 sommets à plus de 3000m organisée à l’occasion du 20ème anniversaire, et le traditionnel Marathon du Montcalm pour 42 kms sur le même parcours. Michel Rabat, notre champion catalan, 2ème du Canigou en 3h00’43’’, est au départ. Je pense à lui, au terrible effort qu’il doit être en train de fournir comme les 240 autres coureurs inscrits.Dès notre arrivée sur les lieux de la course, l’on s’aperçoit de l’importance et de l’impeccable organisation. Des bénévoles nous guident pour se garer, tout est fluide du coté du retrait des dossards, un briefing avec vidéo projecteur nous explique même le parcours. Une expo retraçant les 20 premières éditions permet de se plonger dans l’histoire et l’ambiance de l’épreuve. Nos tee-shirts verts, inconnus par ici, suscitent la curiosité, pour ne pas dire quelques sourires.Nous nous élançons à 9h00 pétantes après un décompte digne du lancement d’Ariane. La fusée s’envole pour un 16km. Rapidement et comme prévu, les boosters se décrochent et regardent le reste partir au loin. Si devant on se bouscule pour aller décrocher les étoiles, nous nous contentons pour notre part de notre vitesse de croisière, bien concentrés à ne pas croiser un trou noir. La mise sur orbite se fait en douceur avec les 4 premiers kms en pente descendante. Fred et Gilles doivent se retrouver en milieu de peloton tandis que Boris Robert vérifie que tout se passe bien à l’arrière.Tout à coup et assez violemment le parcours remonte vers Illier, un tout petit village situé quelque 300m au dessus. Le tracé ne s’embarrasse pas de détours. C’est direct et vertical. Heureusement, la forêt nous protège du soleil et de la chaleur. Tout le monde marche. Robert me distance quelque peu. Il m’attend au 1er ravito avant de repartir de plus belle vers le sommet du parcours symbolisé par un pylône EDF. Cette seconde partie de la montée me sera fatale. Ma boite de vitesse refuse de passer en mode 4x4. Le moteur en surrégime m’oblige par moment à ralentir pour faire redescendre la température. J’en profite pour faire quelques clichés que j’espère révélateurs de la difficulté de l’instant. Au ravito du sommet, plus de Robert. Le rattraper sera mon objectif dans le retour et la descente vers Auzat.De descente pour l’instant il n’y en a pas beaucoup. Moi qui croyais maintenant pouvoir dérouler tranquillement et laisser aller mes 86kgs m’emporter tout droit jusqu’à la ligne. Le parcours reste vallonné et longe les crêtes de la montagne par un sentier en sous bois. Les relances sont incessantes. A Orus, un autre petit patelin, toute la population nous acclame. Au ravito, toujours pas de Robert. Il doit commencer à y croire. L’avance devait être substantielle au sommet. De retour dans le sous bois, entre deux arbres, le théâtre de Guignol et ses marionnettes encouragent les coureurs à leur passage. Le truc le plus inouï que j’ai pu rencontrer depuis que je cours. Vraiment excellent. Je souris pendant quelques mètres avant de me reconcentrer et de relancer. Je reprends 2 à 3 coureurs mais pas Robert. Je ne l’aperçois même pas. Je me dis que cela va être compliqué de ne pas finir pour la première fois derrière lui ! Malgré mon objectif, je m’arrête faire des photos le long du sentier totalement dénudé sur la montagne caillouteuse. La vue sur la vallée est magnifique. Nous surplombons Auzat et pouvons estimer le dénivelé et la distance qui nous restent à parcourir.
Au détour d’un virage, nous quittons le sentier le long des crêtes pour plonger à travers bois et un chemin assez technique. Je prends quelques risques et les coureurs se poussent gentiment pour me laisser passer. A moins qu’ils n’aient un peu peur de ma foulée qui n’a rien de svelte. Nous retrouvons le bitume signe de la proche délivrance. La grande ligne droite descendante me fait enfin apercevoir furtivement le maillot de Robert à 300m. J’accélère au risque de craquer. Le temps, ou plutôt la distance m’est comptée. Je ne peux pas me permettre de patienter. Au carrefour de Vicdessos, à moins d’1 km de l’arrivée, je compte encore 200m de retard. Dans le parcours en faux plat montant sur Auzat, je vois que Robert coince un peu. Je poursuis mon effort pour combler l’écart. Je suis au max. Je voudrais lui faire la (mauvaise) surprise de me mettre à ses côtés mais Robert a comme une intuition et se retourne en haut de la côte, à hauteur du panneau marquant l’entrée dans Auzat. Je compatie presque en voyant son visage de désespoir à une trentaine de mètres. Il tente une relance que, je pense avec le recul, j’aurais eu du mal à contrer mais mon coup de bluff marche à fond. Je crie un fort « Roberrrrrrt ! » avec ma voix rageuse d’homme des cavernes. Se sentant reprit, il lâche la partie et revient à une foulée qui me permet de recoller. Nous traversons Auzat ensemble, accompagnés maintenant de Fred et Gilles venus à notre encontre après avoir franchit la ligne depuis une dizaine de minutes. L’équipe des Semelles de plomb se retrouve ainsi au complet sous les encouragements des spectateurs massés aux abords de l’arrivée dont les plus bruyants sont sans nul doute nos familles postées à 40 mètres de la ligne. Je prends la main de Robert que je lève vers le ciel bleu et coupe enfin mon effort après 1h41’45’’ d’effort, 2’’ après Robert qui a bien mérité de me devancer ce jour là.

Nos premiers sentiments sont unanimes sur la beauté du parcours et la qualité de l’organisation. Le reste de la journée ne fera que les confirmer. De la qualité des animations, du ravito, du repas sous le chapiteau situé sur l’arrivée, de la remise des prix, du soutient de la population, de l’organisation des courses enfants comme on n’en avait jamais vu, tout aura été quasi parfait ! Vraiment bravo.

Un petit mot sur les courses des enfants vraiment impeccables. Un briefing d’avant course, des catégories allant des tous petits aux ados, des adultes encadrant chaque groupe, un parcours qui se mérite (1,3km pour les 9 ans), une arrivée commune avec les participants au marathon et des remises des prix comme les grands. Bravo à Jeremy pour son podium et à tous les autres pour leur participation. Les parents sont fiers d’eux. A noter, une famille avec 4 enfants qui finissent chacun dans leur catégorie ! A suivre…

Enfin, il ne faut pas oublier de dire que c’est un catalan vraiment humble et sympa, un vrai champion, qui a gagné la course reine des 46 kms et des 3x3000 en la personne de Michel Rabat en 5h02’ explosant le record du parcours.

On taira la suite du week-end avec la spécialité locale, l’apéro, puis la fête mémorable à Sem, au bal du village. Merci à Sylvie de nous avoir ramenée et à nos épouses toujours conciliantes. Le dimanche fut beaucoup plus calme avec décrassage au château d’Olbier, repas sans apéro, et visite du beau village de Sentenac avant un retour assez long (c’est quand même pas la porte à côté) dans notre plaine du Roussillon. Inutile de dire qu’on n’a pas fait long feu le soir. Merci Gillou.

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[LE CHALLENGE DES 3000 ARIÉGEOIS - 19 AOÛT 2000]

Un hommage à la montagne par VINCENT RIVOIRE (ABS Aventure)

Un instant de recueillement dans la petite chapelle de Marc, lieu de sérénité avant l'épreuve qui nous attend. Les copains d'ABS Aventure me parlaient toujours de cette course avec émotion, comme d'un pèlerinage attendu chaque année. Alors un jour moi aussi, j'avais voulu savoir... Nous voilà partis. Quelques kilomètres de route, où il faut savoir se mettre progressivement en jambes sans passer dans le rouge, puis nous attaquons la traversée en sous-bois. Le murmure du ruisseau de l'Artigue se mêle au bruissement des hêtres magnifiques. Ce départ au petit matin éveille tous mes sens de coureur de trail, intime communion du corps avec l'environnement, plaisir toujours renouvelé de l'effort en pleine nature. Je remonte petit à petit le peloton, certains déjà s'essoufflent dans les fortes pentes avant les Orrys de Pla Nouzère. La forêt laisse la place aux estives, les hauts sommets nous apparaissent sous un radieux soleil, mêlant plaisir des yeux et appréhension du corps qui sait déjà l'effort nécessaire avant d'atteindre ces sommets. J'attaque maintenant la longue montée à l'étang du Pinet. Je me sens en forme mais sais pertinemment qu'il faudra vraiment doser son effort tout au long de la course. L'expérience du trail me fait instinctivement adapter le pas à la pente, savoir marcher quand c'est trop raide puis vite relancer sur les faux-plats. De nombreux randonneurs bénévoles nous encouragent et assurent la sécurité du parcours. Sac au dos et grosses chaussures ou bien ceinture porte-bidon et paire de runnings, nous partageons aujourd'hui tous la même passion de cette splendide montagne. Ce "caillou", comme se plaît à le nommer le maire d'Auzat qui chaque année nous accueille si chaleureusement pour cette épreuve, ce "sommet débonnaire" que loue si bien Michel Sébastien dans son guide "Les Pyrénées Ariégeoises", est là devant nous, imposant et encore si lointain. Je me ravitaille rapidement au Pinet, puis les choses sérieuses commencent. J'aime cette portion plus technique où il faut parfois mettre les mains, toujours anticiper ses appuis, tout en optimisant l'effort déployé entre l'équilibre et la vitesse de progression. Le petit névé nous attend comme toujours avant d'arriver au col et le pied doit se faire léger pour ne pas glisser sur la neige. Un cri, devant, et je vois arriver sur moi comme des bolides la tête de course qui déjà redescend. Une allure incroyable dans ces rochers, ils se jettent dans la pente comme des isards. La montée au pic depuis le col est harassante, les cuisses déjà dures et le souffle haletant. Je grimpe avec un petit groupe, en file indienne nous avons un peu le sentiment de mettre en commun notre énergie pour trouver ensemble le meilleur rythme. Le coureur en montagne est un solitaire dans l'âme, mais qui sait instinctivement que la force du groupe permet parfois de mieux franchir l'obstacle. Enfin, le sommet du Montcalm après 2h12min de course. Je fais religieusement le tour du cairn sommital, puis je m'accorde 15 secondes de pause pour admirer le paysage magnifique tout autour de moi. C'est un moment magique, pouvoir un bref instant oublier la compétition et sa souffrance pour se laisser envahir par le calme et la beauté de cette montagne. Amis coureurs, c'est là que vous forgerez votre meilleur souvenir, celui qui longtemps réchauffera votre âme, alors pensez aussi à accorder ces quelques secondes de respect à la montagne ariégeoise. Il faut maintenant redescendre au col par les lacets caillouteux en croisant un long flux de coureurs qui souvent nous encouragent. Si le souffle reprend de la vigueur, les cuisses elles souffrent autant qu'à la montée car il faut constamment parer la glissade ou l'emballement dans cette portion instable. Au col, on repart vers le deuxième sommet sous les encouragements du petit poste de bénévoles qui campent là depuis l'aube. La Pique d'Estat est toujours aussi austère, gros tas de cailloux roulants qu'il faut gravir les mains poussant sur les cuisses, le souffle court. Après 2h28min , je me lance maintenant dans la longue descente. Il faut rester vigilant, très concentré dans les passages rocheux délicats. C'est dans ces moments qu'on comprend que la descente est aussi une technique à travailler pour progresser, tout autant que l'endurance. Le refuge de Pinet, encore une fois, et la roche cède place aux pelouses de rhododendron. Il fait un temps splendide, c'est un régal de courir sous ce soleil dans un air encore bien frais. Je résiste à l'envie d'accélérer l'allure dans cette longue descente vers la forêt, l'expérience douloureuse de ma première participation l'année précédente m'ayant appris qu'il fallait en garder sous la pédale pour la fin de course ... Je descends régulièrement le sentier dans le sous-bois, m'y fait doubler en trombe par un excellent descendeur qui coupe sans hésiter les lacets en pleine pente, arrive dans la zone plate le long du ruisseau. C'est là que je rattrape Alain et Manu, deux copains d'ABS Aventure partis plus rapidement que moi. Ils ont su prendre des risques pour tenter un bon chrono car ils connaissent très bien le parcours, mais maintenant la fin de course est difficile pour eux. De mon côté, je me sens bien et me félicite d'avoir géré prudemment la première partie. Je commence à accélérer sur ces portions plus faciles de routes et de pistes bien tracées qui nous amèneront jusqu'à Auzat. Je sais que la course se joue pour beaucoup dans ces 7 derniers kilomètres, qui semblent interminables quand on croit en avoir fini avec la montagne, quand les jambes ne peuvent plus se contenter de se laisser descendre dans la pente mais doivent relancer ce corps harassé sur le plat, quand les muscles tétanisés par cette longue descente ne trouvent plus de glycogène. Je double plusieurs concurrents sur cette longue portion, les encourage à "prendre ma roue" tout en sachant - ayant moi-même vécu l'an dernier cette douloureuse expérience- qu'il leur sera terriblement difficile d'aller puiser la ressource morale nécessaire pour relancer la machine. Les spectateurs, ici et là, ne mesurent sans doute pas combien leurs encouragements nous sont précieux dans ces moments. Les applaudissements de la petite fille, le sourire du vieux paysan, sont autant de bouffées de chaleur dans notre cœur. Je traverse le ruisseau par la passerelle, poursuis rive gauche par un magnifique sentier, havre de fraîcheur entre les haies. Il faut encore prendre garde aux pierres glissantes, une entorse ici serait vraiment trop bête. Quelques bosses encore, tenir le rythme à tout prix, voici le centre équestre, puis le sentier laisse place à la route à l'entrée d'Auzat. C'est bientôt la fin, le corps aspire désespérément à la trêve alors que déjà l'esprit se repasse le film de la course, la revit intérieurement comme pour mieux en graver le souvenir, pour savourer ce qu'il n'a fait que ressentir durant ces 4 heures d'effort, trop accaparé par le fonctionnement de la mécanique. La traversée du village se fait dans une intense exaltation, un second souffle qui fait oublier d'un coup toute la fatigue accumulée. Les derniers mètres, la place du village où Moustache -c'est ainsi que nous avons surnommé ce merveilleux animateur qui enchante chaque année la course par sa chaleur communicative et spontanée- annonce mon arrivée au haut-parleur. Je coupe le chrono après 4h23min44s, heureux d'avoir si bien vécu cette course superbe mais si exigeante. Le vainqueur est lui déjà arrivé depuis plus d'une heure ! Tout est prévu pour le réconfort du coureur et pour poursuivre l'effort par la fête : douches, massages, salle de repos, repas pris en commun, animations... C'est ainsi que chaque année nous revenons avec autant de plaisir à Auzat où toute l'équipe organisatrice et le village savent si bien vous recevoir et vous rappeler où sont les vraies valeurs de notre monde. Un pèlerinage, oui certes, maintenant j'ai compris ces lueurs d'émotion dans les yeux de mes camarades ...


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